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"Je ne me laisserai pas intimider" : le gouverneur de la Banque de France répond aux menaces de Mélenchon
information fournie par Boursorama avec Media Services 07/10/2026 à 09:33

La patriarche insoumis avait promis de poursuivre Emmanuel Moulin en justice si son camp accédait à l'Elysée en 2027, l'accusant d'inciter les "spéculateurs" à sanctionner la France sur fond d'aggravation de la dette française.

Emmanuel Moulin, le 9 juin 2026, à Paris ( AFP / LUDOVIC MARIN )

Emmanuel Moulin, le 9 juin 2026, à Paris ( AFP / LUDOVIC MARIN )

"Je suis indépendant". Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin a assuré qu'il ne se laisserait "pas intimider" après la promesse de Jean-Luc Mélenchon de le faire poursuivre pour "trahison" s'il arrive à la présidence du pays en 2027.

Dans un entretien au Financial Times lundi, Emmanuel Moulin avait averti que la France risquait d'être "étranglée par les taux d'intérêt" si elle ne redressait pas ses finances publiques.

Le candidat à la présidentielle avait affirmé le lendemain que le gouverneur prenait "publiquement parti contre son pays à l'étranger", en accusant celui-ci d'appeler implicitement les "spéculateurs" à sanctionner la France à cause de "(ses) propositions".

Mélenchon et "l'Amérique de Trump"

"C'est un acte de trahison", avait écrit Jean-Luc Mélenchon, "il sera poursuivi pour cela". "Il n'y aura pas de prescription en 2027", avait ajouté le candidat LFI à l'élection présidentielle. Emmanuel Moulin y a répondu, à l'antenne de France Inter : "Je ne me laisserai pas intimider". "Je continuerai à dire ce que je pense dans le cadre de mon mandat et pour défendre l'institution que je préside."

Le successeur de François Villeroy de Galhau a comparé ces propos aux pressions exercées par Donald Trump sur l'ex-banquier central américain Jerome Powell : "Jusqu'à présent, je ne connaissais qu'un seul pays où on cherchait à intimider le banquier central, c'est l'Amérique de Trump." Une référence aux menaces de poursuites pénales formulées par Trump contre Jerome Powell lorsque celui-ci dirigeait la Réserve fédérale américaine (Fed).

Est-ce qu'Emmanuel Moulin se voit diriger la Banque de France avec Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée ? "Oui, tout à fait", a-t-il répondu, alors que son mandat débuté en juin court pour six ans. "Je suis indépendant, ce sont des règles qui sont dans la loi française et dans les traités", a rappelé l'ex-secrétaire général de l'Élysée et successeur du gouverneur François Villeroy de Galhau.

Emmanuel Moulin avait jugé récemment "illégale, dangereuse et inutile" la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'annuler la part de la dette française détenue par la Banque centrale européenne (BCE). Etant donné l'écart important des taux d'emprunt de la France et de l'Allemagne (1,31 point de pourcentage mercredi matin) et le "déficit plus élevé que les autres pays de la zone euro", "la situation est grave", a jugé Emmanuel Moulin, "mais nous pouvons agir en votant un budget".

Evolution du montant annuel des intérêts de la dette payés par l'Etat, dans son budget annuel, selon l'Agence France Trésor et les prévisions du gouvernement pour 2027. ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ )

Evolution du montant annuel des intérêts de la dette payés par l'Etat, dans son budget annuel, selon l'Agence France Trésor et les prévisions du gouvernement pour 2027. ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ )

Le gouvernement a présenté le 1er octobre son projet de budget, promis à un parcours parlementaire difficile au regard de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. L'objectif gouvernemental d'un déficit de 5 % du PIB en 2027 n'est "pas très ambitieux", mais "réaliste", a estimé Emmanuel Moulin.

10 commentaires

  • 12:03

    "poursuivre pour "trahison" s'il arrive à la présidence du pays" cela n'engagent que ceux qui l'écoutent puisque ni lui, ni marine, en cas de d'élection, n'auront de majorité.


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